la file aux coquelicots

Le suaire de Turin est un linceul: un drap funéraire de 4.36 m sur 1.10 m présentant une image grandeur nature peu marquée, de la face dorsale et de la face ventrale, d'un homme nu. La légende raconte qu'il aurait enveloppé le corps du Christ après sa crucifixion au moment de la mise au tombeau. Conservé par ses disciples, ils auraient en 70 ap. J.C. fuit Jérusalem dévasté par l'empeur Titus en l'emportant avec eux.

Après diverses passations de propriétaire, il fut transféré en 1578 à Turin. Conservé par l'Eglise Catholique qui l'expose aux pèlerins lors d'événements appelés ostensions , il fut analysé scientifiquement avec un soin méticuleux.

En dehors de sa datation au carbone 14 qui lui attribuerait un âge de 1260 à 1390 ans, il reste plus d'un mystère à son sujet



Problème n°1 : Comment le suaire de Turin a-t-il été fabriqué?

Hypothèse : Le suaire a été fabriqué par des humains au 13ème siècle

Enquête 1 : Les particularités du suaire du point de vue médical: une enquête détaillée aussi précise qu'une autopsie

L'empreinte montre la trace d'un corps mort par asphyxie après tétanisation du corps: la tête est en avant, les pectoraux en contraction forcée, la cage thoracique est remontée et distendue. Les jambes n'ont pas été brisées. Le corps n'a pas été lavé après la mort.

La perforation de la main est située à la limite du poignet dans les os du carpe (et non pas dans les paumes ce qui provoquerait un arrachement); Les coulées sanguines au niveau des avant-bras témoignent des mouvements du supplicié sur la croix lui permettant de reprendre son souffle.

Les deux mains ne montrent que 4 doigts , le pouce fléchi est opposé dans la paume ce qui provient d'une lésion du nerf médian au moment du cloutage de la main.

La rigidité cadavérique a maintenu les pieds dans leur position initiale, superposés partiellement, et non comme avec un cadavre normal où les pieds ont toujours tendance à s'écarter vers l'extérieur

Les écorchures de la face sont nombreuses.Des traces de flagellations ont été faites avec des fouets munis de billes métalliques sur les lanières(les romains en utilisaient).

Sur l'épaule droite au-dessus de l'omoplate, une zone d'excoriation de 9 cm sur 10 montre que quelque chose de lourd a pesé à cet endroit

Une blessure sur la droite de la poitrine entre la 5ème et la 6ème côte est d'un grand réalisme anatomique et montre les caractéristiques d'une blessure post-mortem (plausibilité d'un coup de lance)

L'analyse des taches de sang dévoile un sang de type AB humain, provenant d'un individu de sexe masculin et comportant un gène spécifique au sang des populations habitant la Palestine. Sa couleur très rouge est due à un taux de bilirubine très élevée qui correspond soit à une jaunisse, soit à un supplice épuisant.

Or on sait que les connaissance anatomiques sur la circulation sanguine datent du 17ème siècle avec les travaux de William Harvey. Au 13ème siècle, âge présumé du linceul, on est au Moyen-âge, la figuration et la physiologie des écoulements de sang était inconcevable dans l'imagination d'un artiste de cette époque qui ignorait tout de la circulation sanguine.

Conclusion 1 : L'empreinte sur le suaire ne peut donc pas être un dessin imaginé; il a fallu qu'un corps soit réellement supplicié. Ce corps était celui d'un palestinien de groupe AB, flagellé avec des instruments romains, puis crucifié selon les méthodes romaines.

Remarque: Nos faussaires du Moyen-âge étaient curieusement bien renseignés puisque ce n'est qu'au 20ème siècle qu'on a découvert comment les corps étaient crucifiés à cette époque : clous dans les poignets

Autre remarque: un des scientifiques qui a examiné ces traces pense que Jésus était encore en vie au moment où il a été enveloppé dans le linceul car la tache au niveau du coup de lance montre un épanchement de lymphe et de sang assez important. Il pense que c'est la raison qui a fait établir une datation erronée par l'Eglise afin de ne pas entamer le mythe de la résurrection.

Le problème n°2 est comment imprégner un drap de la trace du corps d'un supplicié qu'il enveloppe? et là ça se corse !

Enquête 2 : Etude du support de l'image sur le suaire de Turin:

nature du tissu : Lin de couleur blanc ivoire d'une seule pièce contenant des fibres de cotonnier du Moyen-Orient de l'espèce Gossypium herbaceum

Technique de tissage : trame montrant un sergé en chevrons en arêtes de poisson. Le point 3 qui lient 1 a nécessité un métier à 4 pédales, mode de tissage fréquent en Syrie

Couleur : la cellulose des fibres du lin est dégradée et colorée en jaune paille comme sous l'effet d'un dégagement de chaleur

Profondeur de l'empreinte : la cellulose du lin a subi une oxydation acide et désyhratante sur une profondeur de 40 micromètres qui pourrait provenir de l'établissement de double liaisons entre les atomes de carbone

Diffusion : l'absence de diffusion par capillarité (comme de l'encre qui voyage dans du papier buvard) exclut toute imprégnation par un liquide

Laser : on n'a pu reproduire en laboratoire que certaines caractéristiques du linceul à l'aide de lasers

Parfait état : le linceul montre une image continue et ne possède aucune des caractéristiques de décrépitude propres aux techniques d'art médiéval qui reposent entièrement sur des émulsions colloïdales

Photo en négatif : L'image du visage n'apparaît que si on inverse les valeurs lumineuses, comme une photo argentique et son négatif

Photo en relief : l'empreinte obéit à la loi des distances . L'intensité de l'image décroit avec l'augmentation de l'intervalle séparant le tissu du corps. Ceci a permis de reconstituer en 1980 le relief du corps et du visage !

Energie nécessaire : Si on fait jaillir du coeur des noyaux des atomes de deutérium (isotope lourd de l'hydrogène) des particules du corps, l'énergie libérée peut dissocier les protons et les neutrons. Les protons peuvent alors produire l'insolation superficielle d'un linge. Les neutrons l'enrichissent en C14, rajeunissant ainsi le tissu . Cette supposition a pu être vérifiée expérimentalement avec un accélérateur de particules au Centre d'étude nucléaire de Grenoble dans le réacteur de Saclay (Commissariat de l'Energie Atomique)

Conclusion 2: nos artistes du 13ème siècle auraient donc utilisé un métier à tisser à 4 pédales et des fibres de lin d'un végétal inconnu en Europe. Ils auraient tissé une pièce avec un parfait doigté de tisserand Syrien. Ils auraient supplicié un homme palestinien de groupe sanguin AB, l'auraient enveloppé du tissu. Puis ils auraient placé le corps dans un accélérateur de particules pour y créer une image en négatif et en relief du corps. Voyons voyons est-ce bien logique?

Conclusion générale : Mon hypothèse est donc fausse : donc le linceul est vrai et c'est la méthode de datation qui n'est pas bonne

autres surprises: Les traces de pigment sur le suaire viendraient des 51 artistes qui ont eu la permission de faire une copie de l'original puis de déposer leur toile dessus afin de la sanctifier!!

La toile montre cinq trous en forme de L qui sont présents sur une enluminure du codex de Rei antérieur à la soi-disant datation du linceul de plus de 100 ans ce qui vient confirmer que l'âge établi par la méthode au carbone 14 est faux

Un des participants à la dernière ostension du suaire stipule que toutes l'opération a été filmée et qu'après avoir examiné les 8 heures du film il a constaté qu'il manquait les 30 minutes qui auraient dû montrer le plus important : le transport des 3 morceaux d'échantillons de tissu prélevés sur le suaire de la salle principale vers une autre pièce où 3 boîtes les attendaient. Il nous montre que les échantillons, examinés au microscope ne s'emboîtent pas avec leur emplacement. Ce qui signifie qu'il y a eu substitution volontaire afin de fausser l'âge établi par les 3 laboratoires.

Remarque : je retiens une chose de cette étude, que le linceul soit vrai ou faux : Il est impossible de réaliser cette empreinte sans une intervention scientifique !!



Sources : "Ce que la science sait de Jésus" Science et avenir Janvier 1996

Blog du centre de datation par le radiocarbone de l'Université de Lyon Etude de Jacques Evin

Site de Steven Schafferman

Emission sur la 5 du 6 janvier 2007